Histoire et histoires

Il y a la «Grande Histoire» et la «petite histoire». Tout le monde a en tête les grands évènements de la Seconde guerre mondiale, de la Drôle de guerre à la bataille de Stalingrad, en passant par le Débarquement et la bataille du Pacifique, et les noms qui y sont associés : De Gaulle, Churchill, Roosevelt, Eisenhower, Leclerc, Patton…

Mais il y eut aussi la «petite histoire»dans la «Grande» : celle des combattants de l’ombre, des obscurs, des «sans-grade», des civils qui refusèrent l’Occupation, en organisant des réseaux de Résistance. Avec les sabotages et le renseignement au profit des Alliés, les réseaux d’évasion font partie des nombreuses missions des réseaux de Résistance. Ils furent nombreux à se constituer sur le territoire français et à connaître le succès, mais aussi des échecs dramatiques : les résistants arrêtés connaissaient un sort peu enviable : la prison, la torture, et dans les cas les plus dramatiques, l’exécution par fusillade ou la Déportation.

Les animateurs de ces réseaux étaient des hommes et des femmes qui ont agi suivant leur conviction profonde : recueillir et faire évader des aviateurs vers l’Angleterre, c’était non seulement leur sauver la vie, mais c’était aussi le seul moyen en leur possession pour changer le cours des choses. Ainsi, malgré le danger, les résistants bretons ont répondu à l’appel de Lucien Dumais et Raymond Labrosse, agents des services secrets britanniques, lorsqu’ils ont mis en place le réseau Shelburne. Et la coopération a payé : entre janvier et juillet 1944, la filière d’évasion a réussi à ramener en Angleterre 142 pilotes alliés, à partir de la plage «Bonaparte», le nom de code de l’anse Cochat, à Plouha.

Près de 70 ans plus tard, leur courage nous pose des questions : qu’aurions-nous fait à leur place ? Comment aurions-nous réagi face au danger en convoyant et en hébergeant des aviateurs qui pour la plupart ne connaissaient pas un mot de français, alors que la surveillance de l’occupant était sans relâche ?

Ces héros ordinaires ont contribué à nous rendre une liberté dont nous jouissons toujours aujourd’hui, trois générations plus tard. Avec ce projet de film sur le réseau Shelburne, nous voudrions rendre hommage à ces combattants de la liberté qui ont combattu leur peur pour un idéal. Mais, au-delà de ce «devoir de mémoire» à transmettre aux plus jeunes générations, le retour sur ces évènements permet également de prendre du recul et de réfléchir sur ce que nous avons fait de cette liberté chèrement acquise.

Ce blog aura pour but de vous tenir au courant de l’évolution du projet de film sur le réseau Shelburne. Au fil des semaines, nous vous apporterons des informations sur sa préparation, l’aide matérielle dont nous aurons besoin, les contacts établis avec les structures qui nous apporteront leur soutien, et bien plus encore.

A bientôt !

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